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Quand Villiers le Bel menait la vie de château…


Pour savoir comment vivaient les Beauvillésois, direction Louvres !

« Là c’est une bague en or…, ici un os d’auroch et des arêtes de poissons… là encore des gobelets en verre qui datent du Moyen-âge ; ils ont été trouvés lors des fouilles menées à Villiers le Bel en 2010 près de l’église Saint Didier ». Assis en rond dans le donjon du château de Louvres (95), ils sont une vingtaine d’écoliers beauvillesois, venus avec leur enseignant. Ils écoutent bouche bée le conférencier leur expliquer la vie dans les châteaux puis les questions fusent et les réponses les surprennent : « Non, on n’oubliait pas les prisonniers dans les geôles des châteaux du Moyen- Age et les fameuses oubliettes sont une légende ».

En réalité, ce n’est pas un vrai donjon mais Archéa, le musée archéologique de Louvres, qui vient d’inaugurer une exposition sur les châteaux et planter un décor qui dépayse plus d’un visiteur. Cette exposition qui s’intitule « Châteaux, vous avez dit châteaux ? » raconte l’histoire des châteaux franciliens et leurs différentes fonctions.

On découvre leur origine, depuis la simple motte féodale, puis leur évolution et les causes de leur disparition avec le développement de l’artillerie à la fin de la guerre de Cent Ans. En pays de France les châteaux ont été nombreux mais beaucoup sont en ruines comme ceux de Beaumont, Viarmes, Orville ou encore Saint Côme à Luzarches. D’autres ont disparu et seules des fouilles permettent de les reconstituer, comme l’hôtel seigneurial tout prés de l’église de Villiers le Bel mais partout les travaux entrepris par les archéologues provoquent de magnifiques découvertes.

Pour aider les visiteurs à mieux se repérer, les auteurs de cette exposition autour de la commissaire Antoinette Hubert, ont choisi quatre couleurs pour différencier les principales fonctions d’un château : rouge pour l’aspect militaire et défensif, violet pour son rôle administratif, bleu pour tout ce qui concerne le pouvoir et enfin vert pour la vie quotidienne. Le graphisme et les nombreux objets découverts, actes d’archives, enluminures, reproduction de casque ou de pierre tombale, écrans interactifs permettent à chacun de se plonger, à son rythme, dans le passé.

Et il n’est pas besoin d’être un spécialiste pour admirer cette bague d’or et de pierre verte datant du XIIIème siècle ; elle a été trouvée près de Saint Didier mais personne n’a encore réussi à déchiffrer l’inscription qui y est gravée.

On s’étonne devant les restes de nourriture découverts dans le même lieu : arêtes de poissons de mer, preuves qu’il y a plus de dix siècles les transports permettaient aux habitants de l’hôtel seigneurial proche de la rue Gambetta de se procurer des produits de la mer. On s’étonne encore davantage devant cette phalange d’auroch datant de l’an 1000 : ces énormes animaux qui ont disparu étaient alors chassés dans le nord du pays et leur viande acheminée en Pays de France. Les gobelets de verre et les couverts montrent le raffinement de la table qui n’existait pas encore puisque, pour manger, on posait une planche sur des tréteaux, d’où notre expression « dresser la table ».

Les plus curieux trouveront dans une charte l’explication du nom de notre ville : Villiers provenant du mot Villae. Ce territoire faisait partie d’un vaste domaine donné par le roi de France au IXème siècle à l’abbaye de Saint Denis. Puis l’abbé Suger l’a lui même confié comme fief au premier seigneur de Villiers, Raoul le Bel, en échange d’une protection qu’ont continué à assurer son fils Mathieu le Bel puis ses descendants. Au XVIème siècle, Villiers devient alors Villiers le Bel.

Les explications des panneaux sont claires et la visite intéressera les enfants comme leurs parents, mais on peut aussi souhaiter participer un dimanche à une visite guidée ou à une visite dite familiale. Les enfants sont aussi invités à venir à des ateliers pour confectionner un blason ou un « carreau » qu’ils remporteront chez eux. D’autres s’amuseront à construire un château en kapla. Les activités proposées par le musée sont nombreuses.

Ouvert en septembre 2010, le musée Archéa a déjà dépassé les 10 000 visiteurs annuels et emploie 13 personnes .L’exposition permanente, les expositions bisannuelles, les conférences, les animations, les visites de terrain et les ateliers pour petits et grands, le tout assuré par un personnel d’une grande qualité et la venue de spécialistes à des tarifs modiques, mettent la culture à la portée de tous.

Par Brigitte Liatard

ARCHEA

Musée d’archéologie en Pays de France

56 Rue de Paris, 95380 Louvres

01 34 09 01 02. Site web ICI

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