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Hôpital Adelaïde Hautval : la mort à petit feu…


400 lits supprimés, une famille endeuillée. Le suicide d’un employé de l’ex hôpital Charles Richet (Villiers-le-Bel) révèle les conditions indignes de la fermeture de cet établissement.

Un ruban noir est agrafé sur la blouse blanche de la jeune infirmière.

Son collègue, 49 ans, a été enterré hier, à Louvres, fort discrètement. Ce père de trois enfants, technicien électricien à l’hôpital Adelaïde Hautval de Villiers le bel depuis 33 ans s’est pendu le 20 février dernier…

On ignore les causes du décès. Mais si la direction de l’AP-HP met en avant des raisons personnelles, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, souligne à raison les conditions dans lesquelles se passent la fermeture programmée de l’ex hôpital Charles Richet : « Les raisons d’un passage à l’acte sont souvent complexes mais l’on ne peut ignorer que ce drame s’est produit dans un contexte de tension sociale très fort. Cet agent venait de recevoir sa convocation pour la cellule de mobilité ». (article VoNews95)

Que comptent les centaines d’emplois délocalisés du personnel hospitalier, qui devra se recaser tant bien que mal, et plutôt mal que bien, dans les établissements parisiens ?

Que comptent les 800 lits d’accueil de ces personnes en fin de vie qui seront dispersées aux quatre coins de la région, distendant les liens familiaux ou affectifs ?

Où sont les grands discours sur la défense de l’emploi dans nos banlieues ? Les trémolos humanitaires dans une société de plus en plus cruelle vis à vis des plus faibles, irresponsable face à ses devoirs et ses engagements ?

Ainsi va le monde en 2016

Comme le disait le 19 février dernier en conférence de presse le médecin urgentiste Christophe Prud’homme « C’est nous la légitimité, les professionnels avec la population et les associations de patients. A priori les politiques doivent être au service de la population, c’est comme ça que je vois la démocratie. Or aujourd’hui il y a une vraie rupture, il faut qu’ils l’entendent car on est vraiment en colère »

Propos repris par Sylvie Lefelle, représentante syndicale de l’hôpital « Nous devons avoir une autre attitude vis-à-vis de ceux qui décident sans concertation et sur des motifs uniquement financiers et économiques, et avoir des actions plus radicales, pour qu’à un moment on soit entendu ».

Des motifs économiques sur lesquels insiste également Martine Da Luz (secrétaire CGT de l'hôpital Adélaïde-Hautval) « Très clairement on nous sacrifie pour le projet de l’hôpital nord de Paris, qui vise à réunir Bichat et Beaujon, mais avec un perte de 400 lits à l’ouverture de ce nouvel établissement ».

Ainsi va le monde en 2016. « On » décide sans s’interroger sur les conséquences autres que financières. L’homme n’est devenu qu’une variable d’ajustement de tout projet d’envergure. Il doit être sacrifié à la rentabilité, à l’efficacité supposée, à l’argent-roi.

A 3500 € la pension mensuelle en Ehpad privée, les têtes grises feront tourner l’économie jusqu’à la fin de leurs jours. Pour ceux et celles qui voudraient mettre un grain de sable dans la machine aveugle qui broie notre service de santé, au détriment des plus âgées, une réunion publique d’information organisée par le Collectif de défense de l'hôpital ex C.RICHET se tiendra le 11 mars à 19 h à l’espace Marcel Pagnol de Villiers le Bel.

Par Roberto

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