• Désertification

Allo maman bobo !


C’est un cri d’alarme que poussent les medias : depuis 2007 le nombre des médecins baisse de façon inquiétante. Dans dix ans notre pays aura perdu le quart de ses 88 886 généralistes et cette chute sera particulièrement nette en Ile de France. Faut-il s’inquiéter ?

Nous sommes allées au centre médical, rue Pierre Sémard à Villiers-le-Bel, rencontrer un médecin généraliste, le docteur Laurent Perez. L’accueil est chaleureux…

Docteur, pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

C'est simple, je suis né à Saint Denis où j’ai grandi puis j’ai vécu à Sarcelles. Je souhaitais faire des études de biologie mais celles ci nécessitaient de faire une première année de médecine; j’ai été passionné et j’ai continué dans cette voie.

Pourquoi ce choix de devenir médecin, et surtout en zone difficile ?

C’est un choix qui s’est fait simplement et tout naturellement ; je suis né et j’ai grandi en banlieue, je n’allais pas exercer dans le 16éme ! On s’est installés à deux, avec un ami d’enfance décédé depuis, le docteur SOMMIER. Nous avions la même vision de notre métier et le choix d’exercer en secteur 1, c’est à dire avec un tarif conventionné.

On commence à parler de désert médical dans nos quartiers...la situation vous paraît-elle inquiétante ?

Vous savez, j’ai d’abord été jeune médecin remplaçant à Sarcelles et quand je me suis installé à Villiers le bel en 1984, il y avait encore pas mal de médecins.Puis ils se sont raréfiés ; petit à petit, ils partent à la retraite et ne sont pas relayés. Aussi en 2000 on s’est interrogé et on en est arrivé à la conclusion qu’il fallait se regrouper. En 2010, le projet a pu se concrétiser avec la création de ce Centre Médical.Nous étions alors des pionniers et il existe encore maintenant peu de structures comme la notre. Nous sommes une équipe de médecins généralistes et i y a aussi plusieurs infirmières, un gynécologue, un podologue, un orthophoniste, une diététicienne...

Monique, notre journaliste citoyenne en compagnie du Docteur Perez.

Quels avantages voyez-vous à ce regroupement médical ?

C’est une excellente formule; d’abord a charge de travail est moins lourde ; ici il y a un secrétariat qui gère les appels ce qui fait gagner du temps. Et puis, on peut mieux organiser ses horaires.Quand je travaillais aux Burteaux, je finissais rarement avant 22 ou 23 heures ; ce n’est plus envisageable pour de jeunes médecins , et c’est normal !

C’est peut- être aussi intéressant sur le plan de la sécurité ?

Bien sur ! Le regroupement diminue les risques. Ici, en 6 ans, il n’y a eu aucune agression à l’intérieur du cabinet. Il y en a eu une à l’extérieur avec vol de voiture...Aux Burteaux, j’avais eu davantage de soucis...

Il y a sans doute encore d’autres avantages

Oui ! Il y a un vrai travail d’équipe qui permet de continuer à être informé des nouvelles techniques médicales. On a ainsi tous ensemble formé une association, la Commission Médicale Exécutive, où l’ on parle des soucis d’organisation matérielle. On se retrouve également une fois par mois entre groupes de pairs pour partager sur les cas médicaux que nous rencontrons.

Et depuis deux ans nous avons mis en place des groupe d'éducation thérapeutique.Ce sont six ateliers participatifs avec une dizaine de personnes. Chaque atelier dure environ deux heures en fin de journée. Moi-même avec le kinésithérapeute j’y anime un atelier d’activité physique qui s’appelle « suivez le mouvement ».

Vous pensez donc qu’il faudrait multiplier ces regroupements ?

Bien sur, les jeunes médecins ne souhaitent plus s’installer seuls. Il faudrait des moyens et des incitations :ici, à Villiers le Bel nous avons bénéficié de la zone franche .Il faudrait que les municipalités donnent des facilités et pas seulement fiscales. Certains syndicats de médecins demandent des facilités d’embauche pour faciliter l’accueil,par exemple...

Qu'est-ce qui fait fuir les jeunes médecins ?

La banlieue est mal connue de nos jeunes et le franchissement du périphérique fait peur. Ici à la Maison Médicale nous sommes cinq généralistes;il y a eu deux départs donc deux postes à pourvoir mais je ne suis pas pessimiste ; nous avons déjà des propositions. .

Avez-vous des projet après votre retraite ?

Ce sera une retraite active.Je m'occupe également,sur le plan organisationnel, de la Maison Médicale de Gonesse, avec le Docteur Salem. Elle est ouverte de 20 heures à 23 heures et tous les week-ends.Je continuerai et j ‘aurai sans doute des remplacements de collègues à faire. Mais j’ai aussi une vie de famille et je voudrais profiter de mes enfants et des petits enfants....

Quel bilan faites vous de votre parcours professionnel ?

Je me suis senti très bien dans l'exercice de mon métier. Ici, à Villiers le Bel, les gens respectent nos professions. Ils sont gentils.J'espère avoir contribué à alléger la souffrance face à leur maladie et je garderai un merveilleux souvenir de ma carrière à Villiers le Bel.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes médecins ?

De venir me voir, et je leur dirai combien pour un médecin, être là à l'écoute des gens de nos quartiers est passionnant sur le plan médical, comme sur le plan humain.

Le monde change et nous avec ; il est important que les pouvoirs publics donnent les moyens aux professionnels qualifiés, amoureux de leurs métiers, de transmettre leur passion à la jeune génération. L'avenir de notre Pays en dépend. Comme dit le dicton : "mieux vaut prévenir que guérir".

Par Monique KOTCHOFFA

et Brigitte LIATARD

Cabinet Médical - Val de France Adresse : 3 Avenue Pierre Sémard 95400 Villiers-le-Bel Horaires : 08:30–19:30

Téléphone : 01 75 69 01 50

#VilliersleBel

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