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Un bus "à haut niveau de service" sur la nouvelle ligne 20


La ligne 20 du Bus à haut niveau de service (BHNS) reliant la gare RER D de Villiers-le Bel/Gonesse/Arnouville et la gare RER B du Parc des Expositions de Villepinte est entrée progressivement en service en novembre. Notre « journaliste-citoyen » Roberto Liatard l’a testée pour vous.

Un ciel bas et un vent fort, ce matin de novembre, sur la gare de Villiers-le-Bel. Mais radin comme je suis, je ne voulais pas laisser passer l’occasion d’un trajet aller-retour vers Villepinte gratuit en l’honneur de la mise en service du bus dit "à haut niveau de service", ligne 20. Un cadeau pareil, ça ne se rate pas, et cette matinée maussade ne fera pas reculer un citoyen-reporter comme moi, formé à rude école.

Deux futurs passagers attendent également sous un abri sinon confortable, du moins protégé du vent et du petit crachin qui commence. Je m’approche. « Avez-vous déjà pris ce bus ? » Le gars me regarde, sourit : « Non c’est la première fois ». Je ne serai donc pas seul à tenter l’aventure. Je m’approche du deuxième : « Et vous, c’est aussi votre premier voyage ? » Il me regarde, étonné. Je reformule ma question en termes plus simple « Là, le bus, première fois ? ». Même regard étonné. Visiblement, cette personne ne connaît pas la langue vernaculaire. Mais, le bus n°20 approche déjà en silence, seul le chuintement feutré des pneus sur l’asphalte mouillé trahit son arrivée. Super !

Mes deux compagnons et moi-même montons à bord, sans difficulté car le plancher est au niveau du trottoir. Un bon point pour les poussettes et les fauteuils. En attendant le départ, j’engage la conversation avec le chauffeur. « Alors, que pensez-vous de ce nouveau bus ? » Regard lointain : « Je ne pense pas… » Aie, ça démarre mal ! « Enfin c’est bien, reprends-je, c’est gratuit aujourd’hui… » « Non, faut composter » Je lui fais remarquer une étiquette collée sur le composteur, informant de la gratuité pour les 19 et 20 novembre. « Ah bon… j’savais pas » : visiblement la com’ est mal passée. Je ne me décourage pas. « Alors Villepinte c’est 20 minutes ? » « 25 ». Pas loquace, le camarade. Je m’assieds au premier rang, face à l’immense pare-brise, où un essuie-glace d’un mètre va et vient nonchalamment.

Le silence électrique

Nous démarrons. Le silence est impressionnant. Ce bus, un Heuliez GX est propulsé par un moteur thermique FTP Tector de 286 cv assisté d’un moteur électrique de traction de 160 Kw en continu qui récupère la totalité de l’énergie en phase de décélération et économise du carburant. Non je ne suis pas allé voir sous le capot, j’ai pompé ces informations sur le site du constructeur…

Premier arrêt Rond-point du 14 juillet à Gonesse, puis Gonesse Hôpital atteint en 8 minutes… Qui dit mieux ? Sûrement pas les voitures qui restent bloquées aux feux rouges, sans compter le temps de tourner pour avoir une place au parking, pourtant vaste. 8 minutes vous dis-je, et les portes de l’hôpital s’ouvrent devant vous. Mais aujourd’hui ce n’est pas ma destination, et Villepinte Parc des Expositions sera bien atteint, après trois nouveaux arrêts : Fontaine Cypierre, Paris Nord2 zone commerciale et Paris Nord2 Bois de la Pie.

Trois passagers dans cet énorme engin de 18 mètres de long, cela me parait sous exploité. Sa capacité normale est de 132 personnes debout et 34 assises, soit, si je calcule bien, 166 au total. Nous descendons, je fais quelques pas pour rejoindre la station de départ et remonte aussitôt dans le véhicule. Car à vrai dire… je n’ai rien à faire à Villepinte !

Si pour l’aller, j’avais choisi d’être assis à l’avant, près du conducteur, duquel j’avais espéré en vain tirer quelques informations, pour le retour je me place tout à l’arrière, à la dernière rangée. Et là, dès que le bus roule, c’est l’enfer. Bruits et vibrations sont bien au rendez-vous, davantage que dans nos bons vieux bus "à bas niveau de service". Cela tient sans doute à l’implantation du moteur à l’arrière, 286 chevaux qui galopent, ça s’entend. Conclusion, si vous voulez profiter du confort, bien réel, et si vous avez la possibilité, choisissez les places avant, près du chauffeur, et de toute façon à l’avant du soufflet. Car l’engin, de 18 mètres, je le rappelle, est articulé pour permettre un passage en souplesse aux multiples ronds-points. Son élégant soufflet en accordéon le divise donc en deux, et c’est cette séparation qui marque la frontière entre la douceur de l’avant et les trépidations de l’arrière.

Ainsi, vingt-cinq minutes plus tard, montre en main, je descendais gare de Villiers-le-Bel. Toujours sous le vent et la bruine. Mais riche de cette nouvelle expérience !

Par Roberto Liatard

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