• INTERVIEW

“Il ne doit pas y avoir d’Ile-de-France à deux vitesses.” Geoffroy Didier, Vice-président de la Rég


Au sein de la rédaction de VISAGO NEWS, un constat s'est imposé : les habitant(e)s de l'agglomération connaissent peu ou pas les institutions de leur territoire et les femmes et les hommes qui en ont la charge. Qu’ils soient de droite ou de gauche, certains ont accepté de nous rencontrer pour nous en dire plus sur eux et sur le travail qu’ils effectuent. Rencontre avec le premier d'une longue série…

Geoffroy Didier dans son bureau de la Région d'Ile de France.

© DR

En décembre, Geoffroy Didier, Vice-président (Les Républicains) du Conseil Régional d’Ile-de-France en charge du logement et de la politique de la ville, avait donné rendez-vous à notre équipe non loin des Invalides, dans l'un des hôtels particuliers, dont l’institution est propriétaire. C'était en fin de journée. En attendant d'être reçus par celui-ci, nous en avons profité pour arpenter les spacieux locaux à l'architecture néo renaissance. Nous nous y sommes d'ailleurs quelque peu égarés...

Après de longues minutes d’attente, Geoffroy Didier vient enfin à notre rencontre, tout sourire, derrière ses lunettes, en tenue semi-décontractée, pull bleu indigo et doudoune légère sans manches bleu marine. Son bureau est spacieux avec une table de réunion au centre, son bureau de travail avec de nombreux dossiers bien rangés. Aux murs, on peut voir deux tableaux d'art moderne et bien face à lui, la photo officielle du président Hollande. Visiblement, notre interlocuteur veut mettre à l'aise son auditoire.

L'un des engagements de la nouvelle présidente du Conseil Régional, Valérie Pécresse est de rationnaliser les frais de fonctionnement. Finis les beaux quartiers. Le nouveau siège du conseil se situera, à compter de janvier 2018, en proche banlieue, à Saint-Ouen (93).

Sciences Po, Essec, Columbia et Harvard…

Geoffroy Didier a 40 ans. Il a poursuivi ses études à Sciences Po et à l'Essec (Paris). Mais il est également diplômé des universités américaines Columbia et Harvard. Après avoir exercé le métier d'avocat aux barreaux de New York, puis de Paris, il est également devenu, en mars 2010, conseiller régional. A l'initiative de son propre mouvement politique, l’homme, valeur montante de la droite, a tout de même subi quelques revers, notamment en 2011 lors des élections cantonales : il s'était présenté à Gonesse (95). D'aucuns diront qu'il y avait été parachuté ; ce qui prouve, sans doute, la nécessité de s'implanter durablement dans ces zones populaires pour réussir.

Réélu en 2015, avec la nouvelle majorité LR, à la région Ile-de-France, il a ainsi succédé à Emmanuelle Cosse au poste de Vice-président au logement en y ajoutant la politique de la ville. "La politique de la ville, peut-on lire sur le site du Ministère de la Ville, désigne la politique mise en place par les pouvoirs publics afin de revaloriser les zones urbaines en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires." Tout un programme.. dont Geoffroy Didier, pour nos territoires, nous ici livre sa vision.

Les journalistes-citoyens de visagonews.com interviewant Geoffroy Didier.

© VISAGOMEDIA

Visago : Comment est né votre intérêt pour la politique ?

Geoffroy Didier : J'ai toujours voulu servir mon pays. Jeune, j'ai été sensibilisé au militantisme politique en accompagnant ma mère dans les meetings de Jacques Chirac. Néanmoins, j'ai toujours tenu à avoir un métier. Je suis avocat ; c'est ma formation et c'est ma liberté… Car je crois qu'en politique on est crédible que lorsqu'on est libre. Et ça, c'est très important à un moment où les Français se méfient plus que jamais des responsables politiques professionnels, qui n'ont jamais travaillé dans une structure privée.

Aujourd’hui Vice-président du Conseil Régional, vous êtes chargé de la politique de la Ville. Est-ce un choix ? Ou avez-vous été parachuté à ce poste ?

Lorsque Valérie Pécresse est devenue présidente de la Région Île de France, elle m'a demandé quelle délégation je souhaitais occuper en tant que vice-président de Région. Et j'ai choisi de m'occuper du logement et de la politique de la ville parce que ces deux sujets recouvrent des réalités transversales et diverses : économiques, sociales, sociétales, écologiques...

Dans une politique de la ville, vous avez tout : les problèmes de délinquance, le défi de l'emploi, la meilleure manière de vivre ensemble, donc l'éventuelle lutte contre le communautarisme, si le problème est là. Donc ce n'est pas un parachutage c'est un choix.

Les compétences du Grand Paris et la Région se confondent un peu. Mais le Val d'Oise ne fait pas partie du premier, ce qui donne l’impression qu’il est le parent pauvre de la Région, comparé à la Seine Saint-Denis…

La région Île de France c'est 12 millions d'habitants, un tiers de l'économie du pays, dans laquelle il y a 8 départements dont le Val d'Oise. Pour la présidente Valérie Pécresse, un lieu du Val d'Oise est au même niveau qu'un lieu des Hauts de Seine ou un arrondissement parisien. Or, pour une raison qui reste à expliquer, le gouvernement a souhaité créer une Métropole du Grand Paris, comme s'il n'y avait pas suffisamment de couches administratives comme cela. Nous avons la Commune, le Département, les Communautés de Communes, la Région…

Le gouvernement a considéré que la Métropole du Grand Paris, ça devait être Paris et la petite couronne (75, 92, 93 et 94). Et la grande couronne, dont vous faites partie, se retrouve ainsi oubliée. Ce que nous trouvons, ici au Conseil Régional, totalement anormal. Nous voulons d'ailleurs que cette question soit tranchée à l'occasion de la prochaine élection présidentielle. Il n'y a pas de Grand Paris à nos yeux sans Roissy, sans Versailles, sans Saclay, sans Cergy Pontoise. Nous sommes à une période où les Français attendent légitimement de la simplification et il ne doit pas y avoir d'Île de France à deux vitesses.

Panneau d'information du RER D.

© DR

Qu’en est-il de l'amélioration des transports existants (RER D - C - B) ?

Depuis que nous sommes arrivés, nous avons diminué les dépenses de fonctionnement. Ce qui nous a permis de développer l’investissement. En une année la Région IDF, n'a jamais autant investi, notamment dans les rames de transport pour en créer de nouvelles. Notre objectif, d'ici la fin de la mandature en 2020, est d'avoir rénové toutes les rames de RER et de métro.

De quels moyens disposez-vous pour appliquer votre politique sur le territoire ?

Tout d’abord, en 2016, nous avons financé pour plus de 70 millions d'euros du logement social en IDF. Nous sommes co-financeurs. L'Etat finance, les collectivités locales financent, les bailleurs sociaux financent sur leurs fonds propres et nous, nous les aidons à financer le logement social et l'accession à la propriété.

Ensuite, deuxième élément : la Région aide les promoteurs à construire davantage en Île de France, forcément aussi chez vous, en achetant du foncier, des terrains pour les revendre ensuite à des promoteurs. Je vous donne un exemple : vous avez une volonté d'aménager toute une zone et il y a plusieurs propriétaires sur cette zone. Il faut racheter progressivement des pavillons. Donc nous avons un outil de portage foncier qui s'appelle l'Etablissement public foncier d'Île de France, dirigé par la présidente du Conseil Régional, qui permet, puisqu'il a une surface financière importante, de racheter progressivement des petits ilots. La Région revend tout à un aménageur et celui-ci peut donc alors créer une ZAC (zone d'aménagement concerté), des grands parcs de logements ou des aménagements de zones commerciales.

Enfin, troisième élément : nous aidons les copropriétés privées, dont les immeubles ont été dégradés par le temps, du fait de l'impossibilité pour certains copropriétaires de payer des charges. Donc la collectivité leur porte secours à travers tout un dispositif financier. Cela coûte des millions d'euros.

Je suis responsable du conseil syndical de ma copropriété, dans laquelle coexistent une dizaine de nationalités, avec des propriétaires résidents et des propriétaires loueurs. 50% des résidents ne paient pas de charges ou accumulent de gros retards. A terme cela risque de se dégrader, les ravalements et autres gros travaux ne pourront plus se faire…

L'autorité judiciaire est tellement débordée. En réalité, les mauvais payeurs ne sont pas sanctionnés. Les honnêtes gens sont victimes de marchands de sommeil, de personnes malhonnêtes. Et c'est ceux-là que nous essayons d'aider. On le fait pour soulager la vie des honnêtes gens, mais je suis d'accord qu'entretemps, il faudrait que l'autorité judiciaire s'assure que ceux qui ne remplissent pas leur devoir de copropriétaire soient effectivement sanctionnés. C'est tout un défi de la société.

Dans le privé comme dans social, trop de bailleurs ne respectent pas leur obligation d'entretien.

Ci-dessus logement EFIDIS à Villiers-le-Bel.

© VISAGOMEDIA

Rénovation urbaine du quartier des Carreaux à Villiers-le-Bel.

© ville-de-Villiers-le-Bel

La rénovation urbaine, cela ne doit pas concerner uniquement le bâti, mais bien l’ensemble des conditions de vie des habitants : transports, espaces, commerces de proximité...

Je suis en accord total avec ce que vous dîtes. Aucun problème de la politique de la ville ne peut être réglé à coup de baguette magique ou à coup de subventions, s’il n’y pas un accompagnement humain, une meilleure éducation des enfants, un meilleur enseignement du respect...

Ceci dit, la Région va aussi accompagner financièrement le plan ANRU 2 (Plan de Rénovation Urbaine, Renouvellement urbain). Je ne sais pas si vous connaissez le quartier de la Fauconnière à Gonesse. Une partie a très bien été refaite. Pas mal d'immeubles de 3/4 étages en square, espaces verts, les transports... Pour le nouveau plan de rénovation urbaine, la Région va mettre le paquet sur les équipements sur 3 axes :

- la résidentialisation ou la sécurisation des immeubles. Car, quand vous clôturez, vous créez un sentiment de sécurité. Cela rassure et cela identifie.

- les équipements de proximité : la Région va accentuer son aide sur les retours des petits commerces de proximité, de la poste, des hôtels de police. Pour qu'il y ait du service public et pas uniquement des immeubles.

- l’éducation et la jeunesse : en créant des salles de sport, des crèches, des écoles. Pour qu'il y ait de la vie. Refaire la cage d'escalier, repeindre... bien sûr que cela contribue à mieux vivre et à se sentir mieux dans son quartier; mais si effectivement il n'y a pas de maison de la jeunesse, pas de crèche et pas d'épicerie, vous ne vous sentez pas bien dans votre quartier.

Même si cela ne dépend pas de la Région, je pense que les bibliothèques municipales, les équipements sportifs municipaux devraient ouvrir à 18h plutôt que fermer à 18h.

Mais 18h-22h, ce sont les "heures chaudes"...

Si on leur faisait faire du sport à ces jeunes ou si on les éveillait à la culture aux heures où ils font leur trafic, ce serait peut-être mieux ! Ce qui m’intéresse aussi, lorsque les bailleurs sociaux mettent des gardiens au milieu du quartier et que le gardien commence à se vivre lui-même comme un assistant social, un conseiller. Il y a une vraie présence. Il faut placer des gardiens au cœur des quartiers. Quant aux bailleurs, ils doivent respecter davantage leurs obligations (en matière de réparations de vide-ordures, d’ascenseurs, de gros travaux).

"Un ghetto urbain est, à mes yeux,

un mix de choses voulues et

de choses subies."

Construire des villes plus humaines, plus inclusives, est notre souhait à tous. Mais sur le territoire, nous constatons qu’il y a très peu de mixité sociale, un grand désert culturel et du communautarisme. Avez-vous tiré des leçons, sur ce point, de votre expérience aux Etats-Unis où vous avez vécu et travaillé ?

Même si l’on parle de réalités un peu différentes, ce qui me plait aux Etats-Unis, c’est le patriotisme. Des millions de personnes vivent ensemble. Elles sont d’origines, de couleurs, de religions, de styles de vie et de choix de vies très différents. Mais toutes sentent au moins une appartenance à une communauté nationale. Dans les stades de foot ou de baseball, tout le monde entonne l’hymne américain la main sur la poitrine. Il y a quand même comme une magie, une alchimie patriote dont, à mon avis, on ne peut que se féliciter.

Force est de constater qu’en France, ce n’est pas tout à fait la même chose. En France il y a des revendications communautaires qui peuvent exister. Je suis pour les communautés, contre les communautarismes. En France, il faut insuffler du patriotisme à toutes ces personnes qui ne se sentent pas français, qui sont en quête de sens et qui ne trouvant pas un sentiment d’appartenance ou une fierté d’être français, d’appartenir à une communauté nationale, ont tendance à se replier sur leur communauté, sur leur immeuble, sur leur quartier. Mais de manière souvent plus subie que choisie.

Ne pensez-vous pas, au contraire, que ces personnes choisissent de s’isoler dans leur communauté et qu’elles refusent de s’intégrer ?

Je pense que la France n’a pas su leur offrir des valeurs, par la transmission de son histoire, par le délitement de l’instruction, par le fait de même refuser d’enseigner certains personnages ou certains moments illustres de notre histoire.

Je suis pour qu’on assume l’histoire avec ses gloires et ses déboires. Qu’on assume notre passé, nos moments douloureux et d’erreurs. Et plus la France s’assumera dans sa diversité, avec ses erreurs, son passé, plus elle offrira à la fois quelque chose de sain, qui donne envie. Le problème, c’est que comme la France ne transmet plus vraiment ses valeurs et qu’il y a un délitement des relais que sont l’armée, le service militaire, le prêtre à une autre époque (même si je suis pour une République laïque). Le résultat étant que maintenant certains se replient de manière volontaire sur leur communauté...

…ou qu’ils se sentent parfois étrangers, exclus alors qu’ils sont français. Quelles mesures prendriez-vous pour faciliter la mixité sociale et combattre la ghettoïsation de certains quartiers ou que d’autres, comme l’ex-Premier ministre Manuel Vals, qualifient d’ « apartheid social et territorial » ?

Un ghetto urbain est, à mes yeux, un mix de choses voulues et de choses subies. Un ghetto, c’est un fait. Alors que l’apartheid, c’est une politique. S’agissant du logement, nous avons pris nos responsabilités lorsque nous sommes arrivés à la région Ile-de-France. Et nous avons mis en œuvre une mesure annoncée pendant la campagne : créer plus de mixité sociale. Donc, dans les communes où il y a plus de 30% de logements sociaux - et Villiers-Le-Bel en fait partie -, nous arrêtons de financer du logement très social. Pourquoi ?

Parce que nous considérons que les maires qui n’ont pas assez construit de logements sociaux devraient en faire davantage (Et parce qu’ il faut que l’on transforme progressivement les communes où il y a trop de logements sociaux et où apparaissent, dans certains quartiers, des ghettos. C’est, d’ailleurs, ce qu’a voulu faire Manuel Valls en disant « on arrête d’ajouter de la pauvreté à la pauvreté ». Sur ce point, certaines mairies, qui ont fait leur fortune électorale sur une sorte de clientélisme ou de communautarisme électoral, ne sont pas d’accord avec notre mesure.

Nous encourageons donc l’accession à la propriété pour que, progressivement, les logements sociaux se répartissent différemment sur le territoire et pour inciter à ce qu’il y ait une mixité sociale dans les deux sens. D’ailleurs, le maire (PS) de Sarcelles, François Pupponi, qui ne partage pourtant pas mes idées politiques, applaudit des deux mains ce projet !

François Pupponi est aussi le Président de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine

© le Parisien TV

Comment comptez-vous inciter les villes riches, qui préfèrent payer des amendes, à construire du logement social et donc à accueillir des populations plus pauvres ?

Il existe la loi SRU (NDLR : loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain) qui impose un certain nombre de logements sociaux dans les communes. Certaines villes ne jouent pas le jeu. Elles ne construisent pas suffisamment (Elles le devraient à hauteur de 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants d’ici à 2025). Et elles trouvent toujours une bonne raison pour ne pas respecter la loi. Mais il y a des choses que la région peut et ne peut pas faire : et là, ce n’est pas du ressort de la Région d’obliger ces villes à respecter la loi. C’est du ressort de l’Etat, du gouvernement, du Préfet.

Ce que nous pouvons faire, et que nous faisons, c’est d’inciter ces communes à construire davantage. Nous les aidons sur des opérations de construction de logement social, très social ou intermédiaire, pour essayer de les inciter au maximum. Il y a toujours quelques maires réfractaires. Sur les 1300 communes d’Ile-de-France, seules huit d’entre elles ne respectent absolument pas la loi. C’est peu, mais ce sont celles dont on parle toujours dans les médias, car cela reste symbolique.

A Neuilly sur Seine, il est tellement cher de faire du logement social que si vous faites 10 logements sociaux là, vous pourriez en faire 30 ailleurs, et donc loger plus de gens dans une ville un peu moins riche. Et puis, il y a certaines communes ou certains arrondissements de Paris où il n’y a plus de terrain disponible.

Quelle est votre position sur la possibilité d’effectuer des statistiques ethniques (interdites aujourd’hui en France) afin de mener des politiques favorisant la mixité sociale dans l’attribution de logements ?

Je suis favorable aux statistiques ethniques. C’est grâce à ces statistiques que l’on pourra lutter contre le racisme : on ne lutte contre les problèmes que lorsqu’on les connait et on les recense. En France, une hypocrisie générale consiste à dire qu’on ne peut différencier une personne qu’en fonction de son âge ou de son sexe.

C’est plus compliqué que cela : une personne a une identité propre, ça peut être son origine ; tant mieux, la France est riche de cette diversité. Je pense qu’on peut lutter plus facilement contre le racisme et contre le jugement de valeurs sur les différences que lorsqu’on est clair, qu’on assume et qu’on recense ces différences. Sur les logements sociaux, j’entends ce que vous dites, et l’idéal, serait comme ce fut le cas dans les mixités sociales réussies dans les années 1950 ou 1960. On arrivait à faire vivre des communautés entre elles.

Or, maintenant le repli est de mise. Les communautés se jouxtent, mais ne se parlent pas. Il n’y a pas cette clé de voûte qu’est le sentiment d’appartenance à une communauté nationale. Mais, de là à ethniciser des attributions de logement sociaux… A mon avis, cela peut laisser libre cours à des dérives assez dangereuses. C’est donc très compliqué à mettre en œuvre.

Europacity le projet d'un nouveau quartier des loisirs du Grand Paris

© Europacity

L'aménagement du triangle de Gonesse, qui comprend le projet d'Europacity porté par la famille Auchan fait l'objet de nombreuses pétitions pour qu'il ne voit pas le jour. Qu'en pensez-vous ?

Je vais être très prudent. Je ne connais pas suffisamment le dossier, même si j’ai lu comme tout le monde, les arguments des uns et des autres. C’est Jérôme Chartier, Vice-président au Développement Economique et Chantal Jouanno, Vice-présidente au Développement Durable et à l’Ecologie qui sont en charge de ce dossier à la Région.Il y a à la fois une logique économique, commerciale – qui n’est pas une logique malsaine en soi : tout est une question d’équilibre.

Comme pour Notre-Dame des Landes, en Loire-Atlantique, dont le projet existe depuis 1972, je voudrais qu’on règle le problème d’une manière ou d’une autre. Il faut impérativement qu’une décision soit prise. Je n’ai pas d’avis préconçu ou définitif sur le projet, je ne peux pas m’exprimer là-dessus, mais ce que je peux dire en tant que responsable politique, c’est qu’une décision doit être prise.

En fait, c’est le gouvernement qui décide, avec les zones d’aménagement, avec les collectivités, avec toutes les communes concernées.

Un de vos slogans sur votre site personnel entend « rendre le pouvoir aux citoyens ». Qu’entendez-vous par là ? Et comment pouvez-vous vous y prendre pour le rendre effectif ?

Par une attitude, par un comportement. On apprend toujours plein de choses, comme en vous écoutant et en se nourrissant du vécu, des expressions ou des convictions des autres. Donner le pouvoir aux citoyens, c’est très simple :

1) Il faut avoir des responsables politiques qui écoutent davantage, avec plus d’humilité, qui promettent moins, plus dans le contact et la relation humaine.

2) Concrètement et institutionnellement, je suis favorable à ce que l’on multiplie les référendums locaux, comme aux Etats-Unis. Qu’on n’attende pas une élection présidentielle ou municipale pour trancher ou décider.

Je suis favorable aussi à ce qu’au niveau national, et en plus des référendums locaux, il y ait une fois par an des sujets de sociétés qui soient tranchés par référendum. La France doit être tenue avec une certaine autorité, mais l’autorité ne sera respectée que si elle est légitimée par des moments de respiration démocratique où l’on demande sans écran aux français ce qu’ils veulent, de sorte qu’ils puissent trancher souverainement, démocratiquement, librement sur des sujets structuraux.

Propos recueillis par

Saliha Medarbi et Roberto Liatard

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