• 2/2 Roissy-Charles de Gaulle"

SDF à Roissy : Une présence familière… ou dérangeante


Un passage dans les terminaux aéroportuaires (T1/ T2/A/B/C/D…) permet de mieux appréhender la situation des SDF à l’Aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Rencontre avec certains d’entre-eux

Malgré la précarité Aurora garde le sourire. © visagomédia

On y croise ainsi Didier, « à la rue depuis 2 ans », Michaël, qui dit que sa maison a brûlé, Antonio, Cap-verdien autrefois chauffeur routier aux Pays-Bas, SDF depuis qu’on l’a licencié, mais aussi Noredine au regard triste, sorti récemment de l’hôpital psychiatrique, jadis agent de sûreté, qui se plaint surtout maintenant de ne plus voir sa famille. Et d’autres encore : comme Anton, slovaque, ne parlant pas un mot de français. Ou Khawan Jahir, peu loquace et méfiant, entouré de plusieurs caddies recouverts de vêtements et de journaux. Comme en transit, une femme âgée, Raymonde, dit, elle, qu’elle part demain rejoindre son frère…

Tous voient les maraudes de la Croix-Rouge, généralement 2 fois par jour. Une femme d’origine nigériane, prénommée Aurora, dit avoir « choisi » de rester en marge de l’aéroport. Elle dort dehors, entourée de 4 à 5 caddies encombrés de valises de vêtements. Heureusement, la Croix-Rouge a réussi à la convaincre de partir au chaud dans un gymnase de Domont, durant 3 semaines. Il en allait de sa vie…

Ces Sans Domicile Fixe n’acceptent pas toujours d’aller à l’accueil de jour de la Croix-Rouge à Ezanville. La plupart de ceux croisés semblent souvent sans envie, paumés, assez solitaires, un brin hors du temps, refermés sur eux-mêmes, comme résignés. Leur présence, en nombre (entre 80 et 100), depuis plusieurs années ne laisse pas indifférent. Et leur perception est différente selon les employés du lieu.

Des avis divergents

Il y a, par exemple ici, cet employé qui veut rester anonyme et qui est très énervé contre ces gens, qu’ils trouvent « sales », « agressifs », « qui sont au chaud », et « qui se font un maximum d’argent, pendant que moi, je bosse dur. Je ne comprends pas ADP». Et là des commerçants qui se plaignent du « manque d’hygiène de ces Sans Domicile Fixe : « Certains font leurs besoins n’importe où ». Un vigile se rappelle, lui, le meurtre commis par l’un d’entre eux contre un homme de ménage en janvier 2015. Mais, ajoute que, depuis les quelques mois qu’il travaille sur le site, il n’a pas constaté trop de problèmes. Une personne enfin, un médecin, évoque ce SDF d’origine iranienne, qui fit l’objet d’un film il y a plusieurs années, pour lequel il fut bien rémunéré et qui n’a pas pourtant pas changé de vie…

Mais il est aussi des habitués de l’aéroport qui trouvent les SDF plutôt sympas, ne posant pas de problèmes, faisant presque partie du paysage. Ceux-là se sont accommodés de leur présence au fil du temps. Ils n’hésitent pas à discuter avec eux, à leur proposer, qui un café, qui un repas, qui des vêtements ou, parfois aussi, des journaux.

Par Irène Godard

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