Faut-il en rire ou en pleurer…

04/06/2016

Retour sur l’atelier « offre culturelle et de loisirs » dans le cadre d’EuropaCity…

Non, je n’aurai pas l’objectivité que la déontologie du bon journaliste devrait m’imposer. Cet « atelier offre culturelle et de loisirs » que proposaient les chantres d’Europacity ne fut qu’une sinistre démonstration de haute technocratie. Fort bien accueilli par Philippe Nicaise, directeur de l’IMA, « l’atelier » put commencer.

 

La forme d’abord. Les ténors, et pas des moindres, soudoyés par les promoteurs du projet, firent assaut de propos vagues et imprécis, qui en des termes fort alambiqués disaient clairement qu’ils ne savaient pas où ils mettaient les pieds. Incapables de contrôler leur temps de parole, ivres de formules plus brumeuses les unes que les autres, ils finissaient par mettre mal à l’aise la pauvre Isabelle Barthe chargée de réguler les propos.

 

Et ne me dites pas que je n’ai rien compris : je connais trop la langue de bois qui enfume sous des formules savantes le citoyen lambda, qui croit naïvement participer à un débat. Après deux heures de logorrhée des « intervenants », le public a eu droit à 1 minute pour poser une question, et à 3 minutes pour exposer son point de vue. Un chronomètre affiché sur l’écran géant témoignait de l’usage immodéré de la parole chichement consentie dont faisaient preuve quelques courageux participants. Dans le genre méprisant, on a rarement fait mieux.

 

Le fond ensuite. Brillamment introduit par madame Claude Brévan Présidente et madame Isabelle Barthe, membre de la CDDP, Monsieur Jean Pierre Saez, directeur de l’observatoire des politiques culturelles du contexte de la construction culturelle du Grand Paris prit la parole. Son propos portait sur les défis posés par la mondialisation et l’articulation des projets (que l’on aurait bien aimé connaitre) avec les territoires de proximité. Visiblement sa méconnaissance des territoires de proximité ne lui permit pas d’apporter plus de précisions.

 

Un morceau de choix 

 

La présentation par monsieur Christophe Dalstein, maître d’ouvrage et directeur d’Europacity, de l’ambition culturelle des projets, des partenariats et des types de programmations envisagés avec la réunion des Musées Nationaux et le groupe Universciences. C’est ronflant, ça impressionne, ça fait vachement culturel, la réunion des Musées Nationaux et Universciences.

 

Mais pour Christophe Dalstein la culture s’exprime en mètres carrés. Il récita donc ce que tout le monde avait déjà lu dans la volumineuse brochure qui circule depuis deux ans. 150 000 m2 dédiés aux loisirs, 50 000 m2 dédiés à la culture (dont boites de nuit), 20 000 m2 dédiés aux restaurants, miam miam, 20 000 m2 pour congrès et séminaire (salon de l’auto ? salon agricole ? Johnny Hallyday ?) 10 ha de parc paysager (j’ai lu dans Astérix que César voulait raser la forêt des Gaulois pour faire des parcs paysagers) et, cerise sur le chapiteau, une ferme urbaine. Plus fort qu’Alphonse Allais qui voulait mettre les villes à la campagne, Christophe Dalstein veut mettre la campagne dans la ville.

 

Offre culturelle d’Auchan à Sarcelles : les vaches en plastique

 

Les choses allaient s’éclairer avec les explications de monsieur Vincent Poussou, directeur des publics et du numérique à la réunion des Musées Nationaux et du Grand Palais. Hélas ! là encore le public resta sur sa faim. Les 10 000 m2 de hall d’exposition (tiens je croyais que c’était 50 000 m2, je me suis sans doute perdu dans tous ces m2) impressionnèrent fort Vincent Poussou, qui dut convenir que c’était un peu beaucoup, les grandes rétrospectives récentes, telles celle de Manet s’étalant sur 2000 m2…Il faudrait donc envisager plusieurs expositions tournantes, car « un lieu culturel qui reste fermé fait mauvais effet ». Gauguin, Matisse ou Delacroix ne peuvent que se réjouir. C’est alors qu’un participant, dans les 3 minutes qui lui étaient imparties, s’inquiéta de la présence de l’art contemporain. Avec réalisme il lui fut répondu que l’art contemporain n’intéressait qu’un public surdiplômé. Et en aucun cas il ne fut question d’une quelconque initiation des sous diplômés. Passons.

 

Il fut ensuite question d’animation d’enfants, sur des milliers de m2, sur le modèle de ce qui existe à la Cité des Sciences. Paroles, paroles. Promesses, promesses, qui n’engagent que ceux qui y croient. Pour le reste, partenariat, mécénat, bla bla bla, j’avais ma dose, à 21 h 30 je quittais « l’atelier ». Il ne restait plus que 30 minutes (selon le timing officiel) à monsieur Robert Spizzichino, membre du conseil scientifique de l’Atelier (encore un) international du Grand Paris, chargé du pilotage du programme sur la mise en tourisme des territoires. La « mise en tourisme » m’intriguait fort, mais je n’avais pas encore dîné…

 

Je vous avais prévenu, je ne serai pas objectif.

 

Par Roberto Liatard

 

 

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