Farah, la COP 21 et les jeunes de Villiers le Bel

20/01/2016

Elle a des idées à revendre et une énergie sans cesse renouvelable. Farah qui a réalisé un stage intensif à la Cop 21 veut aujourd’hui partager avec les jeunes d’ici ses expériences et sa pêche !

 

 

"J’ai envie de changer le monde mais je ne peux pas le faire seule ". Grande, belle, elle en impose par son naturel et la droiture de son regard. A 21 ans, Farah a l’enthousiasme de la jeunesse alliée à une certaine maturité. Cette étudiante de Villiers le Bel en troisième année de licence en Sciences Politiques à l’Université Paris 8 de Saint Denis vient de terminer un stage à la COP21 au Bourget. Un stage qui va peut être changer sa vie : « C’était une expérience palpitante, enthousiasmante, voire déterminante pour ma vie personnelle et professionnelle. »

 

Le moins qu’on puisse dire c’est que sa participation n’avait rien à voir avec les stages café/photocopieuse. Pour y participer, il lui a fallu d’abord poser sa candidature et venir à bout d’une sélection de trois mois avec dépôt de CV, entretien téléphonique puis enquête du Ministère des Affaires Etrangères et de l’ONU. Sa fonction ? Agent de liaison au Pavillon de France où elle devait faciliter le travail des membres de la délégation du Sierra Léone : accompagnement de leur démarche pour les badges, les hôtels, des salles de travail et de conférences.

 

Pour assurer le job, elle devait arriver entre 8 et 9 heures du matin, passer à un des 40 postes de contrôle de la COP 21 et repartir entre 18h et 22 h 30. Certes, le Bourget, c’est la porte à coté. Sauf quand on habite une banlieue enclavée. En transports en commun, Villiers le Bel/le Bourget, c’est 3 heures minimum par jour ! Ces deux villes ne sont qu’à une douzaine de kilomètres l’une de l’autre…mais Farah a dû prendre un bus, 2 RER+ une navette jusqu’au parc des expositions du Bourget…

 

Volonté infaillible et imagination

 

Ces désagréments ne pèsent pas lourds à coté de ce qu’elle a entendu pendant la Cop 21 : Elle a écouté des témoignages, des discours politiques et assisté à des conférences. « Dans le cadre « Femmes et Climat » une femme ougandaise, directement touchée par le réchauffement climatique, racontait qu’elle parcourait 40000 kms à pied par an pour aller chercher de l’eau quotidiennement »

 

 

Farah a été marquée par l’égoïsme des pays riches : en donnant à des pays pauvres d’anciennes machines et des bus trop vétustes pour l’Europe, ils les polluent. Elle a vu qu’avec peu de moyen, des femmes indiennes avec une volonté infaillible et de l’imagination, ont empêché une déforestation : elles ont entouré de leurs bras chaque arbre d’une forêt : c’est ainsi qu’elle n’a pas été détruite. Elle a apprécié d’être au plus près du travail acharné et passionné des diplomates pour qu’un accord le plus contraignant possible sorte de la Cop 21.

 

Elle a compris le sens de leurs responsabilités ; les enjeux dans le complexe équilibre entre écologie, économie, géopolitique, sciences politiques et humanisme. Par le dialogue et le débat : ils, elles peuvent changer le monde…Et puis, elle est revenue à Villiers le Bel… avec de nouvelles idées : « Sensibilisez les jeunes en créant « la Cop 21 des collégiens », dites-leur : vous avez la parole, vous n’êtes pas seuls, vous pouvez changer le monde ! Chacun sera impliqué. Installer des panneaux solaires par exemple, prendra alors beaucoup de sens pour chacun. » Pour Farah : « Les jeunes à Villiers le Bel ne sont pas assez entendus, écoutés. Ils méritent de l’être. »

 

 

Et elle argumente : « j’ai eu l’envie de vivre, de m’exprimer! » se souvient-elle. Au Collège Martin Luther King, en classe de troisième, sous l’impulsion de professeurs, les collégiens ont étudié la vie des noirs américains. « Nous avons appris leurs chants, leurs musiques, leurs danses. Nous avons créé un bal, on s’était habillé et coiffé comme eux et nous avons dansé le charleston… Quelques années plus tard, mon frère et ma sœur n’en ont pas bénéficié : Empêcher ça, en priver les collégiens, c’est leur mettre beaucoup de bâtons dans les roues. »

 

Aujourd’hui, elle garde le même désir de découverte, de connaissance et de confiance en elle. Enrichie par sa participation à la COP 21, elle souhaite revenir à MLK avec une équipe d’étudiants: « Nous n’avons pas plus de 8 ans d’écart avec les élèves de collège ! Ce serait idéal. » Le projet serait d’intervenir auprès des collégiens comme cela se fait dans le 93, en Seine Saint Denis sur les thèmes : Discrimination et racisme, Ecologie et développement durable. Histoire et Mémoire.Pour ce faire, elle s’inspirera de ce qu’elle pratique à l’Université Paris 8 avec Eloquentia et Indigo (voir encadré). Elle continue : « Nous favoriserons leur prise parole en public, sous toutes ses formes, nous les formerons au discours…

 

Eloquentia veut initier à l’éloquence. Mais qu’est ce qu’INDIGO ?

Le site de l’association est explicite :

LEVER UNE VAGUE D’ENTRAIDE« Nous en avons assez de ce pessimisme ambiant qui plombe injustement, la confiance en notre époque. On nous répète que nous vivons dans une société individualiste, égoïste et divisée. Nous pensons le contraire, partant du constat que nous évoluons dans un monde interconnecté qui ne cesse de faire émerger des solutions d’entraide. On va se bouger. » La force de travail de Farah, son engagement dans la société et sa culture du dialogue et du débat, nous laisse beaucoup espérer pour son propre avenir mais aussi pour le nôtre…

 

Par Agnès Desfosses

 

 

Eloquentia

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La coopérative indigo | Fondation EDF

 

 

 

INDIGO
Imaginé par Stephan de Freitas, alias SdF, INDIGO est un concept artistique qui résulte du mélange harmonieux entre le bleu et le rouge, couleurs que l’on a toujours opposées dans notre imaginaire.
Le réseau social « indigo » incarne la transposition de ce concept artistique au cœur de nos interactions quotidiennes.
Indigo est un défi solidaire développé par la coopérative indigo, organisation à but non lucratif. Les projets sont portés par un collectif d’individus issus de tous milieux professionnels.

 

ÉLOQUENTIA
Imaginé par La Coopérative Indigo, Eloquentia est un programme d’expression publique, né au sein de l'université Paris VIII à Saint-Denis, proposant aux candidats une formation et un concours encadrés par des personnalités de renom, des avocats au Barreau de Paris et des experts de l’éloquence. Eloquentia entend promouvoir l’art de la parole dans sa diversité, à l’image de la société française.
Eloquentia est avant tout une aventure humaine,  qui a pour vocation d'amener un art noble et ancien pour le faire renaître dans des lieux souvent oubliés par la culture. Le projet encourage les jeunes générations,
à croire en eux, en leurs propres capacités et ainsi à prendre leur avenir en main.

 

LA FORMATION
Grâce au soutien de La Coopérative Indigo, l’association Eloquentia Saint-Denis a également lancé cette année une formation gratuite à l’expression publique, ouverte à tous les étudiants de l’Université Paris VIII.
Cette formation (36h) a pour ambition, de former les étudiants aux différentes formes de rhétoriques: plaidoirie, slam, stand-up, poésie, etc. Elle offre également des outils pratiques afin de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. Cette formation se divise donc en trois phases : l'apprentissage de la rhétorique classique, des cours de théâtre et de stand-up, des entraînements à l’entretien d’embauche, et à la rédaction de CV et de lettres de motivation.
 
LE CONCOURS     
Organisé avec le soutien de l’Université Paris VIII, le concours prend la forme de duels d’éloquence où chaque candidat se doit de répondre à une question en un temps imparti. Le vainqueur de ces joutes est élu « Le Meilleur Orateur de Seine-Saint-Denis ». Le ou la gagnant(e) se voit offrir un an de  frais de scolarité à l’université. 
Forte de son succès, Eloquentia a poursuivi l’aventure une deuxième année et accueilli,  pour les phases finales du concours 2014, Nader Boussandel, Yacine Belhousse, ainsi que l’humoriste Kee-Yoon Kim et le rappeur Kenyon. Pour la grande finale, Michèle Laroque, l’humoriste Baptiste Lorber ainsi que de grands avocats du Barreau de Paris ont présidé le jury.

 

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