Fraternité

07/02/2017

Alain, habitant de Villiers-le-Bel, est un ancien prof d'histoire, il nous livre ici une tribune plutôt pointue sur la fraternité…

Victor Hugo a dit : La liberté c’est le droit. L’égalité c’est le fait. La fraternité c’est le devoir.

Au sens de Victor Hugo la fraternité est liberté de création, d’expression, elle demande vigilance, disponibilité, écoute. C’est le gage de l’éclosion d’une pensée au service de l’homme et non d’un pouvoir. C’est avant tout une attitude morale, un questionnement spirituel, ouvert et incessant.

La fraternité renvoie à la responsabilité : être ouvert à l’autre, c’est être prêt à lui répondre, donc à être responsable, et être responsable pour autrui c’est l’être pour l’autre.

 

Le lien social comme fin

 

Notre société est sans fracture, et la moindre atteinte à l’un de ses membres devient une atteinte à tous les autres. La solidarité qui est due aux plus fragiles d’entre nous n’a pas tant pour but de les enrichir, que de révéler en eux de nouvelles sources de richesse véritables, en contribuant à leur autonomie. Chacun peut ainsi passer de la situation d’acteur de sa propre vie à celle d’ayant droit à une assistance, sans rien perdre de sa dignité.

 

L'écologie, lieu d'une renaissance spirituelle comme moyen

 

« Apres avoir relégué la nature au rang de matériau, l’homme contemporain étouffé par le consumérisme et désireux d’authenticité la redécouvre. Prenant conscience qu’il vit par elle, avec elle et en elle, il fait l’expérience de quelque chose qui le dépasse. L’expérience spirituelle de la nature, qu’elle soit religieuse ou séculière, n’est-elle pas une manière de convoquer des images, des images qui donnent accès à une autre réalité, sensible, voire invisible.

 

La dimension spirituelle de l’Ecologie peut être envisagée comme l’alternative, à une nature doublant désenchantement par notre civilisation technologique. Un premier désenchantement scientifique, ressource manipulable, elle n’est plus un mystère à déchiffrer, mais une énigme à décoder (du tableau périodique des éléments atomiques au code génétique) pour la maitriser. Nous en vivons les conséquences, de l’élevage industriel, qui réduit l’animal au rang de protéines, à la biotechnologie végétale (OGM qui fait de l’agriculture une production indifférente à son milieu, une machine à nourrir).

 

Un second désenchantement est d’ordre métaphysique et théologique. Pour les anciens, ce dont « la loi naturelle » était l’expression, c’est que la nature était porteuse d’une finalité, d’un dessein qu’il fallait scruter pour y trouver une trace du divin.

Parler d’expériences spirituelles de la nature, c’est se placer au point d’émergence d’une connaissance. Manifester un spirituel qui n’est pas le monopole de la religion.

En ce sens, la sortie de la religion est aussi l’avènement d’un spirituel foisonnant, vivant, anarchique, même s’il est désaffilié ou délibérément autonome.

 

Dans notre société solidaire, la pratique de la science économique est simplement le moyen pour ses membres de partager équitablement les ressources d’une planète devenue fragile. Ce partage permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre ceux du futur. »

 

Retisser le lien social

 

Le lien social devient le fil rouge de toute politique. Pour reconstruire d’autres possibles, il nous faut le courage d’inventer un nouveau pacte social et humain.

Depuis des dizaines d’années ; le salaire réel stagnait et l’emploi flexible devenant la norme, laissant à la dérive des millions d’individus, dans le monde entier «, sans aucune ancre de stabilité » Ces travailleurs précaires « sont enclins à écouter de vilains discours et à se servir de leur bulletin de vote et de leur argent pour offrir un tremplin politique à ceux qui tiennent ces discours »

 

Aujourd’hui ces monstres sont parmi nous. Le précariat « écoute le chant des sirènes, du populisme néofasciste interprété actuellement par Donald Trump ». Ce sont de belles phrases enjôleuses qui ont poussé les Britanniques à voter en faveur de leur sortie de l’Union Européenne et qui alimente la montée des populismes d’extrême droite en Europe, comme Marine Le Pen en France et Geert Wilders aux Pays Bas.

Les gens ne veulent pas seulement consommer-il veulent avoir un emploi qui leur plait et se sentir utile.

 

Revenu universel

 

Le revenu de base pour tous n’est plus une douce utopie d’écolos barbus. L’idée fait son chemin, et trouve des partisans sur l’ensemble de l’échiquier politique. Ce niveau d’allocation proche du seuil de « pauvreté absolue » permettrait de couvrir les besoins essentiels de chacun en termes de logement, de santé ou de retraite ou encore de culture et d’éducation.

 

Mais l’extrême complexité de sa mise en œuvre freine les ardeurs « La société n’est majoritairement pas prête à entendre ce discours. Au contraire, on veut faire travailler plus, sans gagner plus d’ailleurs ! » D’autres pensent qu’il s’agit là d’une promotion couteuse de la paresse. Les vieux slogans, comme les vieux schémas, ont la vie dure. Si donc, l’idée a encore du mal à pénétrer la sphère politique. La crise pourrait bien accélérer les choses. Avec un chômage record en France, une précarité grandissante et une économie en berne rémunérer toute contribution aux richesses matérielles ou immatérielles et non plus seulement du travail au profit de la crise, permettra peut-être de sortir de la crise.

C’est bien ce qui ressort des expériences qui ont été menées un peu partout dans le monde. Un concept qui remonte à loin, il apparait dès 1795 par l’auteur Franco-Américain Thomas More, célèbre pour son texte sur l’utopie, approfondi par l’auteur Thomas Paine, au XIXème siècle par les socialistes utopiques Puis plus récemment par des figures américaines, le philosophe John Rawls, le pasteur Martin Luther King ou les économistes Milton Friedman et James Tobin.

 

Tous ces sujets réclament de faire marcher notre imagination, le conte de fée de la révolution numérique reste à écrire. Dans le débat sur le revenu universel, on a parfois l’impression que ceux la même qui serait en mesure de façonner l’avenir ont capitulé devant lui.Je rappellerais ici ces mots d’André Gide : « C’est seulement en donnant que l’on se possède complètement, tout ce que l’on est incapable de donner, finit par vous posséder »

 

Par Alain Barberye

 

 

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